[Story] Derrière Moscou : il y a quoi ?

Le vide ? Le chaos ? Un trou béant où fleuves et rivières se déversent dans une cacophonie tonitruante ?

Pas vraiment. Passé Moscou le Transsibérien continue son chemin via la taïga (la forêt quoi) et traverse les plus grandes villes russes.

Toutes m’étaient inconnues : Iekaterinbourg, Tomsk, Krasnoïarsk, etc. Un manque flagrant d’assiduité pendant la Coupe du monde puisqu’elles étaient pour la majorité représentées !

Allons ! Entrons en Sibérie !

1) Iekaterinbourg, là où l’on massacre du Romanov

Après 21h de train, celui-ci ralentit en entrant en gare de Iekaterinbourg. Ou Yekaterinbourg. Ou Ekaterinbourg. De toute façon, ça s’écrit en cyrillique, donc on le transcrit comme on veut. Il est 20h30.

Quatrième plus grande ville de Russie : il y a évidemment un métro. Et ce qui ressemble à « l’employé du mois » affiché au mur :

L’appartement se trouve dans une belle barre d’immeubles. Grisâtre. Pas trop loin du centre. Nuit noire. Peu de lumière et quelques graffitis : ambiance assez sympa pour chercher vainement l’entrée de l’immeuble.

J’appelle la propriétaire : silence, puis elle me raccroche au nez. Quelques secondes plus tard, un SMS : « Write ». Elle ne parle pas anglais.

On fini par entrer dans un vieil ascenseur. L’appartement est beaucoup moins « tourist-oriented » que jusqu’alors. A l’image des draps, trop petits pour le lit.

Plus généralement : l’eau est un peu jaunâtre, les rues et les voitures poussiéreuses. On commence à se sentir plus loin des standards européens, et c’est très bien !

On découvre aussi les spécialités locales dans les supermarchés. Comme le Kvas, une « bière de pain » sans alcool. Rafraîchissant mais il faut s’habituer au goût.

La ville n’a pas énormément de charme. Non, ce que nous autre touristes venons voir à Iekaterinbourg, c’est le monastère de Gamina Yama.

Un coup d’Uber russe et on y est. Presque. Il faut encore le payer et je n’ai que du gros billet. La vieille qui tient l’échoppe devant le monastère n’a pas de monnaie (elle bluffe ?). La jeune qui vend des boissons n’a pas grand chose non plus (elle bluffe). Sauf si je lui achète le mini guide du monastère. Bon ba : me voici donc armé dudit guide et le taxi payé.

Le lieu est magnifique : de petites églises en bois dans un écrin de verdure. C’est bien ici que se sont fait massacrer le Romanov et sa famille. Ces 7 chapelles furent construites en leur mémoire.

2) Tomsk, là où Tchekhov a faillit se noyer

Pleins d’anecdotes un peu morbides dans ce billet. Tomsk est en effet une ville trollée en son temps par le fameux Anton Tchekhov. Il trouvait cette ville moche et sans intérêt et ses habitants tout autant. Après, il a visiblement manqué de se noyer dans la rivière. Mon analyse : il était énervé.

Tomsk, c’est beau. Une ville à recommander aux passionnés de maisons en bois : il y a en a plein. Et ces fenêtres ! Ces gouttières ! Ces toits ! Qu’il est agréable de se balader d’un quartier à l’autre, avant de terminer sa balade où le pauvre Tchekhov a failli y rester !

Ici encore, la gentillesse des Russes est prouvée. La langue anglaise se raréfie, mais est-ce un problème ? Le « Do you speak English? » provoque un mélange de sourire et de gène, et la personne s’empresse d’aller chercher un collègue – parfois un client – qui parlerait l’anglais.

On y retrouve aussi les éléments culturels que l’on commence à apprécier. Comme par exemple l’omniprésence de la musique dans les rues, dans les bars ou sur le toit d’un musée, l’instant d’une après-midi :

3) Retour sur la ligne du Transsibérien

D’abord via un train de région. Il est midi, peu de monde dans le train. Un homme accompagne sa mère dans notre compartiment et l’abandonne avec sa valise et le sac de victuailles dans le couloir. Chaud ! C’est quand même une Babouchka : une grand mère, avec le côté très respectueux et puissant de ce que cela peut signifier.

Le train démarre et au bout d’un certain temps, elle nous tend des beignets à la myrtille. D’un geste ferme de la main elle pointe son doigt vers elle pour indiquer « c’est moi qui les ai fait ». Ils sont très bons.

Plusieurs tentatives d’échanges ont suivi, puis c’est l’heure de changer de train, pour reprendre le Transsibérien.

On est au au beau milieu de la Sibérie. C’est agréable. Le train tangue un peu. C’est la fin de journée. Au bar, un petit groupe de fortune s’est créé autour de bières et de vodka. Trois hommes qui ne se connaissaient pas. Ils discutent calmement. De quoi, c’est un mystère.

Retour en cabine pour la nuit : une lumière tamisée éclaire celle-ci. Les grilles d’aération sont bouchées avec du papier journal. Le train avance lentement. Comme souvent, on ne sait hélas pas grand chose sur nos voisins de cabines : où vont ils ? Pour quelles raisons ? C’est frustrant de ne pas parler russe.

4) Krasnoïarsk, une ville intéressante

On est sur le même genre de ville typée soviétique, et avec du nouveau.

Une place avec une trentaine de balançoires disposées en cercle. Ouverte à toute heure.

D’énormes résidences en périphérie, incluant église, restaurant, mini-markets, etc. Il faut montrer patte blanche au gardien pour y entrer, ce qui n’est pas trop difficile en étant étranger.

On retrouve de l’immense barre d’immeubles. Ou des pavillons individuels semblables par centaines.

Il y a le premier coiffeur de ce voyage, dans une belle bâtisse avec verrière, transformée en centre culturel. Mais on voit plus le bar en entrant. En 1h30 de coupe, ça laisse le temps d’échanger quelques mots. Mon coiffeur était à Prague il y a quelques jours pour une formation. AH.

Son rêve est d’acheter un van, et de rouler, rouler, rouler, loin. Il est surpris de trouver un client français. Il m’explique que ce soir il y a une soirée « Open Mic ».

Et ce fut très bien :

  • les participants, expérience variable, mais tous très applaudis, souhaitaient partager quelque chose
  • le public à l’écoute, après minuit, un mardi soir
  • et la bière, très bonne

Krasnoiarsk c’est aussi ce restaurant : le 0.75 Please. Des serveurs très sympas, détaillant les plats délicieux et leur histoire. Puis proposant de faire une visite du resto situé dans une cave, et d’échanger quelques mots avec le chef.

Bref, une ville à refaire.

📷 Retrouvez d’autres photos des étapes de ce trajet dans l’album Facebook dédié !

✍ Et l’article présentant le parcours complet en transsibérien est présenté ici 🖐

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